CHAIRE « Science, Technosciences et Foi à l’heure de l’écologie intégrale »

CHAIRE «Science, Technosciences et Foi à l’heure de l’écologie intégrale »

Une chaire qui débute le 1er janvier 2021: 

(Titulaires : Pr. Thierry Magnin et Dr. Paulo Rodrigues ; co-portage par la « Faculté de Théologie » et le centre « Ethics » de l’UC Lille)

Le nouveau contexte au début du XXIème siècle

Des recherches actives sur le « dialogue science et foi » ont eu lieu dans la deuxième partie du XXème siècle, appuyées par l’encyclique « Foi et raison » du pape Jean-Paul II. Les théologiens ont ainsi montré des articulations possibles entre la théorie du Big Bang et le sens biblique de la Création, entre Evolution et Création avec la question du hasard et de la nécessité notamment. Nous avons travaillé à éviter tout concordisme (chercher des preuves directes de l’existence de Dieu dans les sciences dures) mais aussi tout discordisme (être savant dans son laboratoire, croyant dans son Eglise, sans liens entre les deux) en articulant « sciences dures » et foi chrétienne dans le respect de chaque domaine. Jean Ladrière, Robert Russell et Ian Barbour, John Brook, John Haught, Jürgen Moltmann, Alfred Whitehead, Adolphe Gesché, Jean-Michel Maldamé, François Euvé, Jacques Arnould sont parmi les auteurs les plus reconnus de cette période. En France, le réseau Blaise Pascal et ceux des scientifiques chrétiens et des Amis de Teilhard de Chardin ont largement contribué à ces recherches ainsi qu’à des articles grand public sur ces sujets.

Depuis les années 2000, les technosciences dites émergentes (Nanotechnologies, Biotechnologies, sciences de l’Information, neurotechnologies-sciences Cognitives, et la convergence NBIC) ont pris une importance considérable dans la vie de notre société, modelant les pratiques (notamment via le numérique) et façonnant de nouvelles mentalités techno-économiques. Le vivant devient une ressource que l’on pense pouvoir designer comme une machine. Ces technosciences permettent ainsi de modifier les génomes des vivants, y compris de l’humain. Autant ces effets sont étudiés actuellement au niveau éthique, autant l’influence des mentalités technoscientifiques sur les relations « science et foi » reste à étudier. La question de l’homme-machine se repose aujourd’hui à nouveaux frais ainsi que celle de « l’Homme augmenté » par les neurotechnologies, les nanobiotechnologies et l’Intelligence artificielle. De plus, les progrès considérables des neurosciences questionnent aussi l’anthropologie chrétienne traditionnelle via notamment l’inconscient cognitif, induisant une nouvelle thématique dans le cadre de l’articulation entre science et foi. Enfin, certains pensent même que la convergence des sciences et des technosciences constitue une nouvelle révolution épistémologique qui n’est pas sans conséquence sur le dialogue entre science et foi, dans un monde où d’autres formes de rationalités que celle des sciences classiques sont mises en évidence.

Par ailleurs, notre société mondialisée est aujourd’hui devant l’urgence écologique que l’actuelle pandémie du covid-19 souligne avec force. Le « tout est lié » du pape François dans l’encyclique Laudato Si résonne avec pertinence devant les défis de la nécessaire transition écologique. La théologie de la Création, reprise en regard des défis écologiques, et les liens entre « la clameur de la terre et la clameur des pauvres » (pape François) resituent les responsabilités des acteurs mondiaux, y compris celles des scientifiques aujourd’hui. De plus, on perçoit clairement que la nécessaire « conversion écologique » appelle un souffle spirituel fort et un engagement éducatif important. Travailler le domaine « science et foi » à l’heure des technosciences et de l’écologie intégrale apparaît comme une nouvelle ouverture pleine de pertinence.

Des objectifs et des ressources humaines

Une recherche universitaire internationale de pointe, avec les thématiques suivantes :

  • : quelles évolutions de la rationalité scientifique aujourd’hui, à l’heure de la convergence des sciences et des technologies ? Comment cette évolution repositionne la relation à la foi chrétienne ? Aspects métaphysiques, anthropologiques et pastoraux.

 (b) : que devient l’anthropologie biblique confrontée aux sciences du vivant d’aujourd’hui, biologie, neurosciences et technosciences (biotechnologies, neurotechnologies, Sciences de l’Information). On utilisera notamment le dernier document de la commission biblique pontifical « Qu’est-ce que l’homme » ? Cerf 2020.  

(c) : à l’heure de l’écologie intégrale, quel dialogue possible entre technosciences et foi chrétienne ? Quelle place pour la spiritualité chrétienne ?  Quelles conséquences en bioéthique ?

(d) : quelles perspectives éducatives « interdisciplinaires » dans le monde des universités catholiques (avec la FIUC)?

  • Une équipe de recherche en cours de montage : un noyau de chercheurs de l’université catholique de Lille, interdisciplinaire (théologie, philosophie-SHS, sciences dures, pensée sociale de l’Eglise) et un deuxième cercle d’associés avec des personnalités reconnues et de jeunes chercheurs de différents organismes hors UC Lille (à l’international notamment, via la Fédération Internationale des universités Catholiques), appuyés par un conseil scientifique international. Cette équipe bénéficiera d’un « fonds Whitehead » acquis récemment par l’UC Lille (traductions en français des écrits de Whitehead et de la process philosophy).
  • Des colloques interdisciplinaires, ouverts largement à des chercheurs et personnalités de la société civile européenne (Europe du Green Deal), en responsabilité au niveau du développement technoéconomique et de la transition écologique.
  • La mise en place d’une plate-forme numérique et d’un réseau de communication à destination du monde universitaire d’une part, et d’autre part du « large public » (Eglise et société).